Pour un congrès démocratique et combatif
Adresse du collectif unitaire AGIR! et du courant de pensée Pour un Syndicalisme de Lutte aux délégué·e·s du congrès
Nous faisons tous le constat de la destruction du service public de l’ESR. Nos salaires, nos conditions de travail se dégradent de plus en plus. La loi LRU a précipité cette destruction, encore aggravée par les établissements expérimentaux et grands établissements, par les COMP 100 % (Contrats d’Objectifs, de Moyens et de Performance). La précarité touche un nombre de plus en plus grand de collègues. La liberté académique est remise en cause. L’accès des bacheliers à l’université se trouve entravé par les difficultés sociales de beaucoup d’entre eux, par le dispositif Parcoursup et par la privatisation de l’offre de formation.
Des évolutions comparables se retrouvent partout dans la société, marquée par la hausse des profits capitalistes d’un côté, et par la montée de la misère et de la précarité de l’autre. Tous les services publics se trouvent directement dégradés ou menacés, la retraite a été repoussée : le spectre de la dette et la perspective d’une menace de guerre sont agités pour justifier cette casse. Le budget de l’armement, lui, explose : la militarisation de la société dans son ensemble est en cours. Les politiques économiques libérales menées par les gouvernements successifs provoquent la colère et l’écœurement, et font paradoxalement le jeu de la droite et de l’extrême droite. Leurs idées avancent et, en retour, le gouvernement s’en inspire pour adopter les pires mesures réactionnaires, comme par exemple la hausse des droits d’inscription pour les étudiants extra-communautaires.
Dans cette situation extrêmement difficile, notre syndicat, majoritaire dans la profession, a un rôle important à jouer. L’analyse qu’il doit porter doit montrer que l’augmentation des ressources publiques est tout à fait possible en taxant les profits et les fortunes, en luttant contre la fraude fiscale, et en réaffectant les budgets de guerre pour les services publics.
Il est possible et nécessaire de défendre et développer le service public d’ESR ! Ne lâchons rien sur nos revendications, notamment :
– Abrogation de la loi LRU et du Crédit Impôt Recherche.
– Défense de la liberté académique face aux mesures prises par le gouvernement actuel (Zone à Régime Restrictif), face aux dangers créés par la loi de programmation militaire, comme face aux pressions de l’extrême droite.
– Respect de nos statuts de fonctionnaires d’État, avec un recrutement en nombre suffisant pour mener à bien nos missions et réduire la précarité au strict minimum. Titularisation de tous les collègues contractuels accomplissant des tâches pérennes et évolution du contrat doctoral vers un statut de fonctionnaire stagiaire (64h TD) pouvant mener à un emploi d’enseignant-chercheur.
– Augmentation du traitement indiciaire en évitant le piège des primes et en exigeant un rattrapage de pouvoir d’achat (perte de 30% depuis la désindexation des salaires sur les prix). Augmentation de l’heure complémentaire et de vacation pour l’amener à 125% de l’heure statutaire moyenne.
– Réduction des services statutaires d’enseignement à 125 HTD pour les enseignants-chercheurs et 250 HTD pour les enseignants.
Cela implique une forte augmentation du budget de l’ESR, un retour à un financement 100% public, nécessaire aussi pour assurer la gratuité réelle des études pour les étudiants. Nous demandons aussi l’abrogation de Parcoursup et de « Mon Master » pour garantir aux étudiants le droit de suivre les études de leur choix.
Pour gagner ces revendications, nous avons besoin d’un SNESUP fort, combatif et démocratique.
Construisons les mobilisations de grande ampleur nécessaires pour obtenir satisfaction.
Pour autant, force est de constater que notre syndicat s’affaiblit : de nombreuses sections ne fonctionnent plus et nous perdons des syndiqués.
Nous proposons donc :
– de mandater les membres de la CAN pour réaliser un tour de France des sections afin de travailler avec les camarades et d’aider les sections qu’il est urgent de revitaliser ou de reconstituer.
– d’envoyer une adresse à tous les collègues sur la base du programme revendicatif du SNESUP, fondé sur nos mandats syndicaux adoptés en congrès.
Ce temps de réflexion qu’est notre congrès va être le dernier avant les prochaines échéances électorales de 2027. Il est indispensable de mettre un terme aux quarante années de politique au service du capital que le peuple a subi. Il est donc urgent de réengager toutes nos énergies dans la construction de luttes, seules à même de dégager une alternative regroupant toutes les forces, dont nous sommes, qui veulent rompre radicalement avec le libéralisme économique.