Bilan du congrès d’orientation du SNESUP 2025
(3-4-5 juin à Angers)

Bilan du congrès d’orientation du SNESUP 2025
(3-4-5 juin à Angers)

Rédigé par les délégués de section, membres du collectif trans-tendances AGIR ! et du courant de pensée PSL présents)
———————————————
Une orientation, des actions, une organisation qui ne sont pas à la hauteur des enjeux !
Le contexte :
Il apparaît de plus en plus sombre, à cause tant de la montée des guerres que de la politique d’austérité du gouvernement Macron-Bayrou. Il faut toujours réduire les budgets des services publics, encore reculer l’âge de la retraite, mais, par contre, les profits capitalistes et le budget de l’armement augmentent ! Le service public de l’ESR est remis en cause et nos conditions de travail se dégradent. Nous continuons de subir les ravages de la loi LRU et ses nouveaux avatars (COMP…). Nous avons beaucoup perdu en salaire, alors que la surcharge de travail nous accable. L’ESR privé explose. Comme tous les salariés, nos collègues se mobilisent pour résister, mais les luttes restent insuffisantes. Enfin, le Snesup lui-même décline : moins de syndiqués, peu de sections vivantes…
Nous avions décidé de porter ces questions dans le congrès : nous entendons régénérer notre syndicat pour le rendre plus démocratique et plus combatif ; nous considérons qu’il est impératif de revitaliser nos sections ; nous posons la question fondamentale de l’orientation syndicale : syndicalisme d’accompagnement des mauvais coups du gouvernement ou, au contraire, syndicalisme de combat engagé dans la construction d’un rapport de force (voir
notre déclaration liminaire au congrès et notre motion d’orientation).
C’est dans cette perspective que nous vous rendons compte du congrès : que s’y est-il passé, qu’en sort-il et que faire ?

Un constat malheureusement négatif s’impose d’abord sur la préparation même du congrès
La modalité du vote par correspondance nationale pour les motions d’orientation pose un grave problème démocratique. Si cette modalité était utile durant la période Covid, sa pérennisation non seulement ne suffit pas à remédier à la faiblesse de la participation (deux tiers des syndiqués n’ont pas voté) mais encore accompagne la dévitalisation des sections : seuls 5,6 % des syndiqués ont participé à une AG de section, pire qu’en 2023 ! Or, ces AG sont des lieux de discussion essentiels pour débattre de l’orientation, adopter des motions revendicatives à soumettre au congrès. Nos militants ont alerté le congrès mais les courants majoritaires n’ont pas semblé préoccupés par ce problème démocratique et n’ont pas voulu engager le débat… La faiblesse dans le fonctionnement des sections est pourtant un handicap majeur pour le combat syndical efficace, là où se créé le rapport de force pour lutter ! De plus, il y avait encore moins de délégués des sections qu’au congrès de 2023.

Ombres et lumières du congrès
Rencontrer des camarades venus de tout le pays est toujours intéressant : échanger sur les situations est éclairant ; partager des luttes, des succès même à l’échelle d’un département, d’une composante, d’un établissement est encourageant, de même que de découvrir les propositions de revendications et d’actions des camarades.
L’intervention d’un collègue palestinien a permis de mieux connaître la situation et d’affirmer toute notre solidarité envers le peuple palestinien dont l’État-nation doit être enfin reconnu par notre République.
Mais le programme du congrès était corseté : par exemple, une commission était intitulée « redonner du sens à nos métiers », ce qui était vague. Mais rapidement, les délégués ont donné une tonalité plus combative. Certains ont avancé des propositions que nous avons soutenues, par exemple pour augmenter la rémunération des ATER, ce qui a été retenu dans nos mandats. Nous avons aussi contribué à cette dynamique par nos interventions en commissions et en plénière.
Nos militants ont proposé des actions (notamment sur le décret statutaire des PRAG-PRCE) ainsi que des motions (paix et désarmement). Nous avons aussi alerté sur l’état dégradé du syndicat et avancé des propositions pour le revitaliser : mandater la nouvelle direction pour faire un tour de France des sections (voir notre déclaration liminaire et nos motions sur notre site https://agirsnesup.fr), améliorer le fonctionnement des instances nationales… Sur ce dernier point, nous sommes intervenus par deux fois pour demander qu’un appel officiel soit
lancé aux délégués pour qu’ils s’inscrivent (comme cela se pratiquait encore il y a quelques années) dans les différents secteurs nationaux du syndicat, lieux de réflexion et de travail permettant aux militants d’intervenir et d’aider au fonctionnement. Un bref appel oral fut fait mais est vite tombé dans les oubliettes, le fonctionnement des secteurs n’étant visiblement pas vraiment une priorité pour l’exécutif !
L’organisation même du congrès ne nous satisfait pas. Quelques éléments d’appréciation :
– « Débat général » d’ouverture mais qui, dans les faits et compte tenu de sa courte durée, se résume à une somme de contributions préparées à l’avance, certes intéressantes, mais qui ne débouchent pas sur de réels échanges/réflexions/décisions. Un plus grand temps en séance plénière serait nécessaire pour un débat approfondi.
– Thèmes des commissions parfois fourre-tout ne permettant pas un réel débat.
– Temps sur l’international ou sur la recomposition syndicale (plus de 3 heures au total), certes utiles et importants mais générant au final un manque de temps pour étudier et voter les motions d’actions et résolutions de congrès. Une révision de l’ordre du jour du congrès serait nécessaire pour redonner la priorité aux décisions.
Bref, une organisation de congrès qui mérite une amélioration suite à une réelle concertation de l’ensemble des élus de la CAN.
Concernant l’appel du congrès, malgré nos interventions pour le rendre plus combatif, notamment en y ajoutant un rappel de la revendication d’abrogation de la réforme Macron-Borne des retraites, nous avons été contraints de nous abstenir car nous avons trouvé le texte déséquilibré et peu combatif (rien sur la LRU, ni ParcourSup, ni même sur les salaires, statuts, conditions de travail…).
Enfin, sous le prétexte classique du manque de temps, des motions très importantes (paix et désarmement, action des PRAG-PRCE-PREC contre l’alourdissement du travail statutaire, etc. : voir sur notre site https://agirsnesup.fr) n’ont pas été abordées. Leur étude et vote éventuel ont été reportés à début juillet à la prochaine Commission Administrative Nationale, instance dont la portée est moindre que celle d’un congrès et qui arrivera trop tard pour une action en juin concernant le décret statutaire non encore publié des PRAG-PRCE. Et c’est bien là tout le problème : nous sortons du congrès sans plan d’action concret pour résister au gouvernement, ni pour revitaliser notre syndicat. De même, nous avons adopté en juin 2024 un programme revendicatif mais rien n’est fait pour engager les luttes sans lesquelles il ne sera pas possible d’obtenir satisfaction.

Et maintenant, quelles pistes pour l’avenir ?
Nous ouvrons cette discussion avec vous toutes et tous. Nous restons persuadés que notre combat pour un SNESUP démocratique, pluraliste, combatif, utile et efficient pour les collègues et le service public est juste et répond à l’aspiration des syndiqués et des collègues. Pour gagner, il faut cependant se réapproprier notre outil syndical, convaincre les collègues de se syndiquer au SNESUP et faire en sorte que plus de militants s’investissent dans la vie syndicale, y compris nationale. C’est possible mais cela nécessite un effort collectif d’explication, les nouveaux syndiqués faisant par définition confiance à la structure qu’ils rejoignent.
Tous ensemble, poursuivons !
________________________________________________________________
Voici nos représentants dans les instances nationales du syndicat (en proportion du résultat de notre motion d’orientation AGIR!-PSL) :

Membres de la Commission administrative nationale (CAN) :
Nicolas FEREY (Paris-Saclay)
Ioana FILLION-QUIBEL (Toulouse)
Samuel GUICHETEAU (Nantes)
Myrna INSUA (Clermont-Ferrand)
Franck LAORDEN (Caen)
Konstanze LUEKEN (Toulouse)
Heike ROMOTH (Evry)
Hovig TER MINASSIAN (Tours)

Commission financière :
Marie-France CARNUS (Toulouse)
Rudy CHAULET (Besançon)

Commission des conflits :
Eric PELLET (P12 – UPEC)
Gérard TOLLET (IUT de Créteil)

Membres du Bureau national (BN) :
Franck LAORDEN
Heike ROMOTH

Les commentaires sont clos.